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Annonces - 2003

Journée mondiale de la traduction
Les Droits du traducteur

30 septembre 2003

Les Droits du traducteur, tel sera le thème de la journée mondiale de la traduction 2003. La Fédération internationale des traducteurs (FIT) a voulu ainsi, à l’occasion de son 50e anniversaire, rappeler l’un de ses thèmes fondateurs.

Les droits du traducteur sont en effet au centre des préoccupations de la FIT depuis sa création. La Charte du traducteur, publiée en 1963 et révisée en 1994, et la Recommandation sur la protection juridique des traducteurs et des traductions et sur les moyens pratiques d’améliorer la condition des traducteurs, adoptée par l’Unesco à Nairobi en 1976 (Recommandation de Nairobi) en témoignent (Ces documents peuvent être consulté sur le site Web de la FIT à l’adresse www.fit-ift.org).

Malheureusement, et malgré tous les efforts déployés par la FIT et par ses associations membres depuis de nombreuses années, la reconnaissance du statut professionnel du traducteur est loin d’être universellement acquise. Et si la mondialisation a suscité une prise de conscience de la nécessité de traduire, elle n’a pas – loin s’en faut – engendré une reconnaissance de la qualité professionnelle de cette activité et des droits qui en découlent.

Les pays occidentaux ne font pas exception puisque les traducteurs luttent encore pour faire reconnaîte l’un de leurs droits les plus fondamentaux : le droit d’auteur. Bien que celui-ci soit reconnu pour les traducteurs par la Convention de Berne, qui considère qu’une traduction est une recréation, il est régulièrement éludé et ignoré par les éditeurs et diffuseurs. L’avènement d’Internet n’a fait qu’accentuer le problème avec les publications sous forme électronique

Au droit d’auteur, qui concerne plus particulièrement les traducteurs de publications, il faut ajouter d’autres droits comme le droit à des conditions de travail favorables à une prestation de qualité, le droit à une rémunération raisonnable et surtout, le droit à une reconnaissance de l’activité de traduction comme une activité professionnelle nécessitant une formation spécialisée qui ne se limite pas à la connaissance des deux langues. La méconnaissance du public et des utilisateurs de traduction force souvent le traducteur professionnel à justifier sa formation, son travail, ses tarifs et, à la limite, son existence. Encore là, l’avènement des systèmes de traduction automatique sur Internet n’a pas amélioré la situation, même si tout le monde s’accorde pour en reconnaître la piètre qualité.

À ces préoccupations d’ordre professionnel, s’ajoutent – et cette réalité est bien plus grave – les violations de droits humains. La Fédération Internationale des Traducteurs a maintes fois été appelée à réagir dans des circonstances tragiques. Mentionnons, pour exemple, le meurtre pur et simple de deux traducteurs de Salman Rushdie après la fatwa prononcée contre lui. Si l’illustre auteur a bénéficié d’une protection rapprochée, ses traducteurs n’ont malheureusement pas eu cet honneur. Mentionnons également le cas de cette traductrice turque, condamnée pour avoir traduit un roman contenant des passages érotiques considérés comme trop explicites.

En plaçant la Journée mondiale de la traduction sous le thème des droits du traducteurs, la Fédération Internationale des Traducteurs souhaite susciter une prise de conscience, chez ses associations membres et dans le grand public, de l’importance de la traduction dans les échanges humains, que ceux-ci soient d’ordre culturel, économique, politiques ou sociaux, et de la nécessité de reconnaître celle-ci comme la profession qu’elle est et qu’elle a toujours été.

 

 

 

 

 
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